lundi 6 mai 2019

C'est demain (version 2019)


Six cent vingt trois jours que Nomade semble attendre son heure, depuis cette arrivée à Port Haliguen après onze mille milles nautiques en solitaire.

Faut-il partir ? rester ? Si tu peux rester, reste ;
Pars, s'il le faut. L'un court, et l'autre se tapit
Pour tromper l'ennemi vigilant et funeste,
Le Temps !

(Baudelaire - Le voyage)
.

Peut-être la mer est-elle le meilleur endroit pour que les traces d'un lointain passé que je pensais indélébiles se fondent et s’effacent mieux dans le voyage, comme s'efface la trace de sillage dans eaux du temps.

S’occuper à fendre la nouvelle trace, celle de l’avant, qui met à l’étrave de Nomade une moustache d’écume pour qu’il prenne soudain des airs de vieux baroudeur mal rasé.

Nomade est chargé à nouveau, sa ligne de flottaison est redescendue d’un bon centimètre.

Et puis, élément nouveau désormais … ma guitare est à bord, mine de rien elle ne me quitte plus celle-ci, malgré ses cordes acier qui à force d'apprentissage m'ont mis (douloureusement parfois !) de la corne au bout des doigts comme il pourrait y en avoir au creux des mains du marin.
Du bois et des cordes, tiens, une sorte de vaisseau auquel il ne manquerait que les voiles ?
Ou alors si, quand je serai au point, la musique qui en sortira sera, qui sait, la voilure pour d'autres voyages ?
En tout cas elle fait partie de l'équipage désormais.



C’est demain.

Pas de quoi faire le malin.

Mais cette envie qui me met comme à chaque fois cette espèce de boule aux tripes.

« C’est normal, c’est le boulet aux pieds qui remonte » m’avait dit l’Amiral lors d’un précédent départ.



Pour l’aspect plus indispensable de la prévision météo, c’est du vent plutôt sud-est à sud qui devrait m’aider à remonter au portant un cap nord-ouest.

Cool comme on dit de nos jours.

Par contre, mercredi, c’est du vent frais assez fort annoncé. Allez, je ne vais peut-être pas commencer tambour battant, il faut reprendre ses marques, ses habitudes, son rythme de cette vie en mer, la façon de bouger, de manger, de se reposer.

Une halte à Groix ou Lorient mardi soir, une journée relâche avant de monter vraiment passer le Raz de Sein, faire escale à Camaret l’inévitable avant de s’élancer en Manche, traverser l’autoroute des cargos dans la nuit, des immeubles à la queue-leu-leu, les montants, puis les descendants, en visant bien le passage entre deux, et puis atterrir dans l’archipel des Scilly, comme en 2015 pour la montée vers l’Irlande … 







C’est demain, enfin …

C’est demain, c’est bien …

mardi 23 avril 2019

Naissance, souvenirs, voiloncelle ... ça se rapproche


Naissance, souvenirs, et Béniguet en "voiloncelle" ( non non ya pas de faute d'orthographe)

Le départ prévu au 7 mai si la météo le veut bien.
YOUHOU ....! comme écriraient nos jeunes dans un échange What'sApp

La fin d'hiver a été ponctuée de séquences de travaux divers autant que d'hiver sur Nomade, pour changer un peu.
Après la confection des cagnards, le beau spi assymétrique ( voir articles précédents), j'ai enfin remplacé toutes mes "fenêtres", donc les plexiglas latéraux et ceux du panneau de pont, qui étaient tellement faïencés et rayés que je n'y voyais quasiment plus au-travers.
Et parmi les petits bonheurs, celui de pouvoir "jeter un oeil par la fenêtre" en étant bien au chaud à l'intérieur n'est pas des moindres.

Et puis bien au chaud, tiens, voilà un sujet qui m'a donné du fil à retordre.
Là-haut, ça risque de cailler parfois, donc chauffage indispensable, et comme il n'y aura pas toujours de port de plaisance électrifié, le classique radiateur électrique n'aura guère d'utilité dans bien des cas.
Nomade est équipé d'un chauffage au gasoil, mais il a l'âge probable du bateau, ne fonctionnait plus très bien ... Séquence mains dans le gasoil, problématiques de pompes, de chambre de combustion encrassée, de filtres, bougies d'allumage et autres régulations .... je crois que cette-fois-ci c'est bon.
Mais du bon vieux modèle Eberspacher made-in Germany qui coûte un bras au modèle chinois à 200 Euros via Internet, j'ai failli craquer de guerre lasse ... il nous auront tous à l'usure ces chinetoques?
J'ai bien galéré sur ce sujet mais ma chaleur restera made-in Europe, non mais!

Nomade caréné tout propre, rangé, avitaillement des denrées de base commencé...



 .... on dirait que je suis prêt?

Naissance:
Mais pas question de partir avant d'aller voir le petit Noé, qui a vu le jour le 15 avril, petit frère de Suzanne et de Mael qui lui était né un premier mai quand je quittais la Guadeloupe pour ma transat retour ... Décidément, chaque fois que je prends la mer ...?
Entre Captain Dom et Papy Do.



Il a déjà le sens de la revendication, le petit Noé, 
on dirait, avec son petit poing levé.  
"Moi faudra pas me la raconter, je sais ce que je veux"



Et puis avec Clémence en vadrouille au Canada depuis un an et demi, Alexis qui globe-trotte en sac-à-dos entre la Géorgie, l'Azerbadjian et l'Iran ... j'ai comme une envie de (re)partir moi aussi.

Je prévois un changement dans le programme par rapport à celui décrit dans Le projet 2019-2020:
Marie-Claire n'aura pas assez de temps pour que nous traversions le Canal Calédonien, donc je vais monter sur l'Ecosse en passant par l'ouest, par la mer d'Irlande via les Iles Scilly et le Pays de Galles.


ça devrait plutôt ressembler à ça 
pour la montée vers l'Ecosse



La suite comme prévu.

Avec une perspective qui me tente un peu ... je serai dans le timing pour faire une escale à l'Ile de Man, cette île à mi-chemin entre l'Irlande et l'Angleterre assister au Tourist Trophy cette course de motos de dingues qui est devenue un véritable mythe.
Et une sorte de retour à de vieux souvenirs de jeunesse.
Tiens, allez ....

Séquence souvenirs, 1979:


La Yamaha 250 (un 2 temps bien sûr !)
 amoureusement préparée par mon frère Jean-Paul






une bonne vieille 4L,
une remorque
une toile de tente
une licence de course en national
... et encore des cheveux ...



Et on part s'éclater sur les circuits de courses de côtes


 Ma pomme, course de côte du Bais-Montaigu, 1979

Puis on finit la saison par un rappel à l'ordre de la banque:
"Hep vous là-bas, jeune homme, dites-donc, confisqué le chéquier,  hein ...!"
Pas toujours simples les sports mécaniques ...
Mais que de souvenirs, les soirées de veilles de courses aux discussions animées dans les paddocks, la petite boule aux tripes sur la ligne de départ quand le chronométreur retranche un à un ses doigts juste devant le casque, 5,4,3,2,1 .... adrénaline et poignée dans le coin!

Alors vibrer un peu aux abords du Tourist-Trophy, pensez-donc !
Si je peux aller mouiller à l'Isle of Man pendant la montée vers l'Ecosse.

Béniguet et "voiloncelle":
Une petite dernière sortie dans notre jolie baie avant de partir.
Avec mon frère Daniel le violoncelliste (Cellodan) qui nous a permis de faire un passage du Béniguet assez peu habituel dans le courant de jusant.



           (Lien= Voir le site de Cellodan)


 J moins 14
On y est presque ... mine de rien !







jeudi 21 février 2019

Rêve d'étoiles

Il fait beau, frais mais beau ce samedi matin 16 février 2019 quand j'arrive sur les quais de Trentemoult, le long de la Loire, au sud-ouest de Nantes, dans le petit bâtiment qui doit nous accueillir.
Deux jours, qu'elle va durer cette formation, une des rares que je n'ai pas encore faites dans la panoplie de ce que propose STW - alias Sail The World, association dont je suis membre depuis pas mal d'années.
Navigation astronomique, avec ce sous-titre évocateur et vaguement teinté d'humour ... L'as du sextant.
Dès l'arrivée le ton est donné, hormis l'inévitable cafetière et les tasses au milieu du bloc de tables autour de laquelle une dizaine de participants vont s'installer, et bien je vous assure ..... pas un ordinateur sur la table, même pas le formateur.
Je n'ai pas souvenir d'avoir vu ça auparavant dans ce genre de formation, et pas un participant n'osera rompre ce consensus pendant les deux jours.

Nav' astro égale nav' à l'ancienne, donc ... à l'ancienne .....non mais !
Le formateur, alors là comment vous dire ? Je dirais bien quelque chose comme un petit-père, rondouillard, sympathique et jovial, manipule ses "transparents" sur le rétroprojecteur ...non non, pas de Powerpoint, tout à l'ancienne je vous ai dit ! .... en alternant avec les exercices au tableau, traçant l'inévitable cercle approximatif qui nous transporte à l'époque du prof de math du lycée quand celui-ci tentait d'inculquer la trigonométrie à une bande de chevelus ( oui, a l'époque on était chevelus) dont je faisais partie.
Si j'avais su que les secrets du sinus et du cosinus me conduiraient un jour ici, j'aurais sans doute un peu moins souvent fait tomber ma gomme sous les jupes de la prof d'anglais et bossé un peu mieux mes maths ... futile jeunesse.

François Meyrier, une pointure dans le domaine, plusieurs publicatons d'ouvrages à son actif et de solides références de formateur du domaine, c'est lui qui a notamment formé Yvan Bourgnon à la navigation astro pour son récent tour du monde en catamaran de sport et sans GPS. C'est lui qui va nous apprendre les secrets de la droite de hauteur et de la cascade de calculs qui dégringolent de la mesure au sextant.

Avec toujours cette terminaison inéluctable, comme un mantra subtilisé au langage secret des astres, cette fameuse formule
sin hc = sin.L sin.D + cos.L cos.D cos.AHl
La droite de hauteur  dont il en faut au moins deux pour faire une intersection et avec ça on vous fait un Azimut, un intercept , et on peut partir à la conquête du monde, le nez dans les étoiles en se fichant pas mal des satellites GPS de l'armée US  ... mais en tenant, surtout ... surtout ... une estime, sans quoi rien n'est possible.

Comme un monde oublié  qui était pourtant il n'y a pas si longtemps encore l'incontournable méthode pour parcourir les océans ... Le prix de la vraie liberté et d'une compréhension du monde peut-être un peu différente ? allez savoir.

Faire une droite de hauteur sur le soleil, déjà c'est pas mal,. Mais faire le point, par une belle nuit claire, sur Altaïr et Véga, tout de même, ça aurait une de ces gueules sur le libre de bord ....non ?





 
Et puis bon, le père François a plus d'un tour dans son sac, les calculs il les a intégrés dans une calculatrice programmée intégrant 200 ans d'éphémérides, et dans laquelle il n'y a plus qu'à entrer les mesures prises au sextant ... histoire de nous laisser le temps de rêver après la mesure, le nez dans les étoiles, merci François !

Et puis il y a des signes qui ne trompent pas, le soir du premier jour de formation, mon frère Daniel le musicien chez qui je vais passer la nuit à Nantes me dit soudain "Ah mais tiens j'ai un vieux truc à toi dans un tiroir, regardes ça"
.... mon vieux planiciel d'aide à l'observation, avec son disque tournant noir constellé des taches blanches des astres et qu'on positionne sur la date du moment pour avoir la configuration du ciel observable. A l'heure où on trouve des applications sur smartphone qui montrent les constellations en direct, un vieux truc qui date de mes années lycée quand j'avais participé à la création d'un club d'astronomie .... 45 ans mon vieux planiciel, et toujours intact ... prêt à servir


mon vieux planiciel et un sextant .... rêve d'étoiles






mercredi 16 janvier 2019

Travaux d'hiver


Panneau solaire inclinable :
En attendant le retour du soleil, et en prévision des soleils bas d'Ecosse et plus encore de Norvège, j'ai rajouté un axe de rotation supplémentaire au mât du panneau solaire car jusqu'ici l'inclinaison était fixe et il va falloir optimiser la production dans ces hautes latitudes.
Dans un sujet sur le forum de voile Hisse-et-Ho certains disaient en gros que "bof ça ne change pas grand chose, chez moi ils sont fixes à l'horizontale et basta" ... La réponse est donnée ici je pense avec les mesures faites.
Et sous les latitudes écossaises et norvégiennes je pourrai optimiser ma production de charge des batteries de service.


Fabriqué dans une équerre en aluminium à "trois francs six sous", doublées et imbriquées pour augmenter la surface de frottement pour que ça tienne mieux, deux écrous papillons pour le serrage..

Une fois installé, quelques mesures  de courant de charge des batteries avec ce nouveau système par un 10 janvier ensoleillé à 14H, soleil hivernal pas très haut.

Sous différentes inclinaisons de gauche à droite:
- à l'opposé du soleil : 0,9A

- à l'horizontale : 1,5A
 - vers le soleil, incliné à environ 30° comme en mode fixe auparavant : 2,2A
- perpendiculaire aux rayons du soleil : 3,8A

Que les sceptiques sur l'intérêt de l'inclinaison réglable lèvent le doigt ?




Confection de cagnards:
Un cagnard, c'est cette toile qu'on place sur les côtés du cockpit dans les filières, souvent pour deux fonctions, celle de coupe vent latéral et donc ajout de confort, et aussi parfois esthétique.

J'en avais fait illustration sur la photo de l'article précédent de mes voeux 2019, mais ce n'était qu'un montage photo.

Et puis vous aurez remarqué aussi dans le changement de look du blog, le nouveau et désormais adopté nommage "Nomade" avec le D remplacé par le sigle graphique de la marque Dehler. Voilà donc mon modèle. Par principe, souci de tranquillité, et sans doute réminiscence de mon ancien job dans le marketing, j'ai tout de même envoyé par mail à Dehler une demande de pouvoir utiliser leur logo, à but non commercial et purement privé, puis ayant un Dehler, je vais leur faire de la pub gratos ... qui ne dit mot consent, pas de réponse bien entendu, donc on y va.


 
Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement = un plan ; que j'envoie pour demande de devis chez un artisan "pour voir" = 250€ les deux cagnards, sans le marquage qui se fera chez un imprimeur , ledit imprimeur me déclarant qu'ils le feront "à la peinture" .. l'ancien chef de produit "imprimantes grand format" alors déçu, n'attend pas le devis "impression" ni "peinture" .... je vais donc tout faire moi-même.

75€ de tissu Sunbrella, le même que celui de ma capote et lazy bag, 15€ d'oeillets à sertir, quelques fonds de peinture trouvés dans le garage, un peu d'huile de coude .... ( et du fil de couture voile, bien sûr)





Je ressors ma Singer, l'amie sincère.


Découpe, couture, pose des oeillets.












Traçage



Masquage et découpe du lettrage, puis peinture


Et voilà le résultat !





Ya plus qu'à les installer






Sympa, non ?










































jeudi 20 décembre 2018

2019, un nouveau départ


Un an et demi, déjà, que Nomade a retrouvé son ponton du Crouesty.
Quelques ronds dans l'eau dans le secteur, puis beaucoup d'introspection après cette année en solitaire autour de l'Atlantique, et retrouver ses marques terriennes, voir les petits-enfants grandir, partir en voyage au Canada pour y retrouver notre Clémence ( merveilleuse Colombie Britannique !) ... prendre acte que décidément le jardin potager c'est pas encore, pas vraiment, mon truc, continuer à apprendre à "laisser filer" le temps, en quelque sorte.
Puis vient le moment de commencer à se mettre dans la peau du mec qui va bientôt repartir.
S'entourer des préoccupations préparatoires.
- une pile de bouquins du C.C.C ( Clyde Cruising Club)
- un kayak gonflable
- une belle robe bleue sur-mesure
- une guitare ( et des tablatures)
- des fichiers .gpx sur l'ordinateur
Voilà pour l'état de cet inventaire un peu désordonné pour bien me convaincre que ça se rapproche.

Le détail du périple envisagé sur la carte:

Je reprends l'inventaire avec les détails, dans un autre ordre:

Une belle robe bleue sur-mesure
ça m'a pris vers début septembre, je revenais en solo de Concarneau puis Groix, au portant sous spi (cette grosse voile gonflée comme un ballon et souvent très colorée) dans un vent qui avait quelques poussées irrégulières. Un, puis deux départs au lof, quand la risée envoie le bateau vers le vent, et le bateau se couche dans la risée, on bondit sur l'écoute de spi, et avec un spi symétrique ça devient un peu "la guerre" d'autant qu'on est seul. Le tangon, ce grand bras en tube métallique qui maintient la voile écartée au vent, entame une espèce de danse incontrôlable dans les soubresauts du spi qui s'affole, se dégonfle, se regonfle, claque .... on redresse, on reprend tout, on remet le bateau dans sa ligne, on respire, on relance la machine et c'est grisant, 7, 8 noeuds ... on continue encore ?  puis vlan, encore un .... allez, on affale ce fichu spi trop grand et trop volage. Et on revient à un tranquille 5 ou 6 noeuds sous un génois qui manque un peu de souffle.

C'est là que je me suis dit, allez, un spi assymétrique, surtout en solitaire, serait sans doute plus facile à tenir.
Contact pris avec Christophe de Jade Voiles (Pornic) qui m'avait déjà confectionné mon solent de brise et appris les rudiments de la couture réparatrice des voiles en formation "Sail The World".
Et c'est parti.

Quel choix .... Code 0 ? Gennaker ? Assymétrique ? quelles caractéristiques ?



Image Jade Voiles





C'est le modèle AC3 qui est choisi, son angle d'utilisation au vent apparent va de 80 à 160 degrés, il est donc, contrairement au spi symétrique classique, utilisable dès le vent de travers pour venir en relais du génois classique plus tôt. Ajouté à sa plus grande facilité d'envoi en solo, avec une chaussette (voir plus loin photo) et l'absence de tangon, il devrait me permettre une plus grande utilisation, et donc un vrai gain dans les allures de travers à portant.



Image Jade Voiles

       

La mise en place:
Tout d'abord installation du "bout-dehors" qui permet de positionner le spi bien en avant du bateau, pour aller chercher le vent;



Le bout-dehors dans sa position rétractée, sur sa cadène de rangement

le bout-dehors en place 

Le bout-dehors, vu du dehors

Et un bloqueur supplémentaire - celui de gauche - pour la tension du bout d'amure 
( le point avant sur lequel est accroché le spi)



Une fois cette installation faite, prise des mesures pour confectionner la jolie robe bleue et faire enfin les premiers essais.

Et c'est parti, sous un beau soleil de début d'automne dans la baie de Quiberon


Premier essai:
 Le spi en place, hissé, amure et écoute à poste, 
reste à remonter la chaussette et c'est parti 


 Spi envoyé
60m2 déployés, une jolie robe 
et une machine à vent efficace pour Nomade



Un kayak gonflable
Fort des expériences précédentes, j'ai voulu me doter d'un moyen plus efficace et agréable que l'annexe rondouillarde, son petit moteur poussif et son inefficacité totale à la rame, pour aller visiter les fonds de baies, les petits recoins dans les fjords écossais et norvégiens.
Trouvé sur leboncoin, ce modèle de kayak biplace qui possède un fond tres rigide au gonflage ( en drop-stitch comme les paddle gonflables) m'a satisfait sur mes premiers essais dans le Golfe du Morbihan


Le tout se range dans un gros sac à dos, 
parfait pour limiter l'encombrement à bord.




Sortie Golfe en duo en fin d'été = conquis !


Une guitare ...?
Non mais là, franchement, quel rapport ...?
Et ben si .... cet instrument musical, sorte de "vaisseau de bois et de cordes" a toute sa place désormais à bord du voilier.
J'en nourrissais une sorte de rêve inaccessible depuis .. bah ... mon enfance. Mes quelques années pianistiques d'il y a plus de 30 ans m'avaient fait découvrir le plaisir de la musique mais aussi la dimension du travail nécessaire ... et puis allez donc emporter un piano dans un petit Nono de 9m40 ?
J'y pensais de plus en plus, persuadé qu'il devrait faire partie du prochain voyage, mais encore effrayé par la dimension du boulot pour arriver à en sortir un son .... puis voilà qu'un jour, au détour d'un rayon instruments de musique dans une boutique d'occasions et objets divers, je l'aperçois, presque toute seule, sa "table" légèrement usée par le frottement de la main de son (ses?) propriétaires précédents, une guitare folk, manifestement d'assez bonne facture ( une Norman de fabrication Québecquoise, pas mal, me dit le vendeur du rayon musique de Vannes chez qui je suis allé lui acheter une housse pour les futures soirées écossaises et norvégiennes un peu fraîches) . Et puis, critère incontournable, comment pouvais-je ne pas croire qu'elle m'attendait patiemment ?  Une guitare folk ... et de gaucher !  Je n'avais pas le choix.
Après des tâtonnements ... solitaire.. plutôt positifs, me voilà tel l'ado sortant du lycée avec sa gratte sur le dos pour aller à son cours avec l'ami Vincent qui m'indique le cap à suivre pour arriver à destination = me faire plaisir dans le style guitare-chant en essayant de sortir du stéréotype du gratteux-autour-du-feu-de bois.
... on dirait que ça avance pas si mal ....
Et puis, quand je regarde des videos de Neil Young, parfois je me dis "tiens mais on dirait une Norman, sa gratte" .
Alors, que voulez vous, aux cartes marines d'Ecosse et de Norvège, viendront sans aucun doute se mélanger des partoches de Neil Young, Simon & Garfunkel et autres ... Brassens , tiens, avec une petite pensée pour un à qui certain(e)s lecteurs(trices) penseront aussi ....


Vaisseau de bois et de cordes 
( .... pour skipper gaucher)
Bordez le Mi, choquez le La, étarquez le Ré ...! 


Pour quelques publications un peu plus sonores au cours du voyage ?
Allez savoir !


Une pile de bouquins :

Je suis revenu su Salon Nautique parisien avec ça sous le bras.


Les fameux guides Imray du C.C.C 
(Clyde Cruising Club)
en anglais of course mais toujours excellents.



Des fichiers .GPX
Késako ? C'est le format des fichiers numériques utilisés par les logiciels de navigation, pour définir les routes.

Sans vouloir vous barber avec de la technique,  c'est ce qui alimente la part du rêve qui commence à se concrétiser: l'analyse des cartes et la préparation des routes.


Exemple de navigation virtuelle préparatoire : route de Bergen à Norheimsund, dans le labyrinthe des fjords norvégiens, pour rejoindre le port d'hivernage de Nomade en fin de saison 2019.


Il y a pas mal années j'avais écrit ce petit poème à propos du rêve qui commence sur la carte marine :


Carte marine


Une carte marine
Sur la table de cuisine
Et me voilà parti
Dans ces océanies
Qui peuplent mes soirées
Dans un rêve éveillé


Des chiffres me transportent
Vers les côtes accores
De ces contrées lointaines
Où seul je me promène
Et les lignes de sonde
Dessinent d'autres mondes.



Des courants de marées
Des rocs déchiquetés
Comme une grève du zèle
Et dans leurs tire-d'ailes
Des mouettes imaginaires
S'échinent à me plaire


Ma grand-voile est bordée
Sur un moment volé
Je revivrai ce soir
D'onduleuses mémoires
Sur l'ambre et l'opaline
D'une carte marine





Et j'y avais associé cette huile, que j'ai d'ailleurs vendue sur un salon de peinture à un propriétaire de voilier Feeling 416, qui est le bateau utilisé comme modèle sur cette toile





Bon et bien, dites-moi .... on dirait que je commence à être dedans, là .... qu'en pensez vous ?
Départ prévu vers fin avril.





mercredi 4 avril 2018

T'es tout beau, mon Nono !

Ah, il est tout beau, mon Nono, après cette séquence de travaux post-transat hivernale.

Je récapitule les choses déjà publiées :
- une belle capote toute neuve
- un lazy-bag tout neuf aussi. (Le lazy-bag étant l'espèce de housse sur la bôme dans laquelle la grand-voile tombe et se range quand on l'affale).
- la sellerie du carré, les matelas de cabine avant et les vaigrages des cabines, refaits
  ( voir l'article "L'amie sincère" sur les Chroniques Nomades)



 


Presque anecdotique mais tout de même un peu d'huile de coude là aussi = ponçage et revernissage au vitrificateur du plancher du carré.
Et puis donc désormais:
Réfection des bancs de cockpit en teck, ils étaient très usés, et mon fessier se souvient encore des longues heures d'assise pendant la transat.



Là encore, un devis de pro était bien dissuasif. Chez un fournisseur allemand indiqué par un autre possesseur de Dehler 31, le tarif de base pour un jeu de bancs livré ( non monté) montait à plus de 1800€. Et plus fort encore, la réfection des bancs d'un copain de Nomade, un même Dehler 31 nommé Maya (... enfin, un copain ou  bien à l'anglaise ne dit-on pas "sistership"  donc une une copine ? - hein Jean Yves ?) se faisait pour un devis de 2679€ en 2005 par un pro !!
Dans ces conditions, aucune hésitation, même réflexion que pour le devis des matelas = on va faire soi-même !!
C'est parti, je trouve des lames de teck brut chez Euroteck à Nantes, avec la colle et le joint Sika, le tout pour 430€, soit 5 à 6 fois moins cher, ça vaut le coup d'y mettre un peu d'huile de coude, non ?



Collage des lattes


 Joint et ponçage



 Et voilà le travail



A la sortie de l'eau pour carénage, remplacement du joint de presse étoupe, et remise en place de l'hélice bec de canard (refermable) que j'ai fait refaire chez France-Hélice car (pour ceux qui suivent) j'avais dû la remplacer aux Canaries.
Je compte retrouver la vélocité de mon Nomade avec cette hélice refermable et donc sans résistance de traînée ... fini de traîner l'équivalent d'un seau à l'arrière avec cette grosse hélice tripale, et à nous les surfs au portant à nouveau ....

Là encore, j'ai fait tout ça moi-même par souci d'économie d'une part mais aussi du fait que après avoir subi un massacre du tourteau d'accouplement arbre-moteur aux Canaries ( et guère mieux ici avant mon départ en transat) j'ai jugé que le "faire soi-même" était tout à fait possible et à ma portée pour être bien fait (...voire mieux? J'ose le dire au vu de ce qui avait été fait ...)

T'es tout beau, mon Nono !

Allez, un peu de beau temps pour repartir ?