lundi 12 février 2018

Chroniques nomades

Que c'est long, un hiver, surtout après avoir passé quasiment un an et demi dans une sorte d'été permanent.

Pour sortir du cadre du Voyage de Nomade qui repartira mais ça n'est pas encore tout de suite, (cf article précédent) j'ouvre un nouveau cadre de lecture sur un petit blog parallèle.

Chroniques nomades (cliquez sur le texte pour le lien)
Chroniques plus ou moins déjantées et en tout cas suffisamment pour être publiées à part du blog du Voyage de Nomade

vendredi 29 décembre 2017

Une vague idée de la suite

A voir nos jeunes arriver ainsi aux Antilles après une transat de 18 jours Cap-Vert - Guadeloupe pendant qu'ici on se pèle, c'est quand même un peu dur. 
Comme une vague envie d'y retourner.

https://www.facebook.com/thegolddiggersproject/photos/rpp.219312445219494/328351050982299/?type=3&theater


Et malgré quelques petits ronds dans les eaux morbihannaises depuis qu'il est revenu à son ponton, le petit Nomade a l'air de s'impatienter.
T'es jaloux, mon Nono ?

Alors poussée par ce qui n'est pas encore une impatience mais déjà une envie, l'idée d'une suite se profile et se précise.
Ceci dit, il en faudra tout de même un peu, de patience, car ce ne sera qu'en 2019.

ça semble un peu loin 2019, mais la perspective qui se profile est la suivante (cliquez sur les liens sur les noms pour commencer à voyager)
- Rejoindre l'ouest de l'Ecosse, que j'avais brièvement abordée avec bonheur lors de mon tour d'Irlande en 2015.
- M'y ballader en prenant le temps, puis remonter sur les Hébrides, puis les Orcades ... Les Shetlands un peu plus haut, je ne sais pas encore, mais ça ferait une étape pour la suite.
- l'idée de traverser le Canal Calédonien est bien tentante, histoire d'aller écouter les fantômes rôdant autour des châteaux aux bords des Lochs, ou vérifier si Nessie est là ou pas dans sa baignoire du Loch Ness, mais à voir comment intégrer ça dans le périple... pourquoi pas dans la route de redescente, voir la suite.
- la suite ... traverser vers le sud de La Norvège, vers Bergen ou Stavanger;
- y finir la saison, et laisser Nomade à l'hivernage quelque part là-bas
- et revenir au printemps suivant pour continuer à remonter la côte norvégienne vers le Nord jusqu'aux îles Lofoten, au-dessus du Cercle Polaire !
... la route retour n'est pas encore définie ... on a le temps!


    Une première idée grossière de la route pour ce projet 2019-2020
Fort-Williams et Inverness sont les extrémités du Canal Calédonien  qui traverse l'Ecosse par les Lochs, avec moults passages d'écluses dans des paysages hors du commun. 
ça pourrait se faire sur la route du retour ...

Pour l'heure, Nomade a  reçu une belle capote toute neuve, un lazy-bag tout neuf aussi, au printemps il recevra à nouveau son hélice bec de canard pour pouvoir s'amuser dans les surfs au portant sans être freiné par l'actuelle grosse hélice tripale fixe.
2018 sera consacré à un autre voyage mais sans Nono, vers le Canada pour y rejoindre notre Clémence.
Bah, on trouvera bien le moyen d'aller tout de même faire un tour, du côté des Scilly, des Cornouailles, ou des anglo-normandes, allez, t'en fais pas mon Nono ...



Les nouveaux habits de Nomade 



mercredi 27 décembre 2017

C'est nul ...!

Tout d'abord, un bref mot pour dire que Alexis et Radia ont trouvé un bateau rapidement début décembre à Mindelo, ont fait leur traversée, et viennent d'arriver en Guadeloupe après 18 jours de mer.
Merci néanmoins à ceux qui m'ont apporté des réponses  ou des suggestions.
Mine de rien ça fait drôle de voir le fiston partir dans les pas de son père tout juste un an après ... Il y a aussi la satisfaction de voir qu'en quelque sorte la relève est assurée.

Mais ça n'est pas l'objet du titre de ce post.
... Car ça, ça n'est pas nul , loin de là, tout "parent" en conviendra ...

Par contre j'adresse ce post à l'Anonyme qui a déposé un commentaire ce 27 décembre vers 15H44 sur mon article du 18 avril 2017 titré ''Solitaire et solitude''.

Cher Monsieur Anonyme, 

Tu as visiblement fait un détour sur mon modeste blog que je destinais essentiellement aux amis, à la famille, aux visiteurs de passage, qui ont suivi de près ou de loin ma ballade océanique solitaire, sois donc remercié en premier lieu pour ta visite.

Saches en second lieu, cher anonyme, que le fait de déposer ainsi ton "commentaire" n'a rien d'illégitime dans la mesure où j'ai paramétré  mon blog en ouvrant la publication des commentaires sans les valider, m'interdisant une censure préalable. Je ne saurais donc t'en tenir grief.

Cependant si ton commentaire sur l'article mentionné plus haut est bref, il a l'air de vouloir apporter un signifiant que j'ai du mal à saisir et me laisse sur ma faim d'en savoir plus.
"C'est nul" as tu ainsi déposé sans autre forme de procès, et de plus apposé juste en réponse au commentaire d'un ami cher qui  de son côté fait un voyage autour du monde que l'on peut aisément qualifier de "hors du commun".
J'espère au moins que ton "c'est nul" ne s'adresse pas à sa réponse, j'en serais assez fâché, et je préfère que ton qualificatif s'adresse à mon écrit en tant que tel, tant qu'à faire. Me rassurer sur ce point serait déjà de nature à m'inciter à te remercier.

Etant donné que tu m'as fait l'honneur de me rendre visite, de pousser la porte de mon récit une première fois, peut-être viendras tu me revisiter, et auquel cas je profite de ce message pour t'inviter - si toutefois tu le veux bien - à éclairer ton jugement sur la nullité que tu as vu dans mon écrit.
En matière de ce que tu juges "nul" à mon endroit, s'agit-il:
   * du voyage en tant que tel ... et de l'engagement qu'il demande?
   * du fait de le faire en solitaire?
   * du fait d'écrire ainsi mon ressenti entre ce que j'ai perçu de ce qu'était la 
     navigation en solitaire comparée à la solitude à terre ?
   * de la qualité de mon expression écrite ou de mon nortograffe défaillante?
   * ou de tout autre  aspect que je n'ai pas encore décelé ?

Il serait intéressant d'en savoir plus sur ce que tu as voulu signifier en déposant ainsi avec autant d'élégance ton noble commentaire.
''C'est nul'' ... peut-être as tu raison, après tout, j'ai sans doute frôlé la nullité à bien des reprises dans ce périple ? 
Mais à l'occasion,  il serait intéressant que tu nous donnes quelques pistes sur ce qui te parait légitimer ton jugement:
- donnes nous un prénom, peut-être ? ... un nom ... soyons fous ..?
- une adresse mail, ça peut rester anonyme, enfin un moyen de te porter question et réponse pour essayer de comprendre, d'échanger avec toi ?
- parles nous de ton expérience en la matière considérée, qu'elle soit matière maritime ou matière littéraire, après tout je ne demande qu'à apprendre .... à lire ton commentaire on suppose que tu en sais un rayon au moins sur l'une des deux ... non ?

... un peu de courage, monsieur Anonyme ?
Sinon ... ''C'est nul'' ... comme on dit ... c'est c'ui qui dit qui l'est .... ?




mercredi 29 novembre 2017

Standby à Mindelo

Non, je ne suis pas retourné à Mindelo (Cap Vert) pour entamer une seconde traversée à bord de Nomade.
Mais je mets ce mot ici pour faire relais de la recherche de mon fils Alexis et Radia son amie.
Ils sont tous deux à Mindelo et arpentent les pontons de la marina pour tenter de trouver une place comme équipiers à bord d'un voilier pour faire la traversée vers les Antilles.

Si vous avez connaissance de gens qui cherchent des équipiers pour une transat et qui passent par le Cap Vert, faites moi signe par mail:
dom9456@hotmail.fr


Alexis a navigué en hauturier, il a fait notamment le retour depuis les Açores avec moi.




Radia quant à elle a navigué avec nous sur la traversée finale du Golfe de Gascogne.




Leur traversée intervient comme étape du voyage de Radia que j'avais déjà évoqué dans un article précédent: Un voyage de 15 mois seule à travers le monde pour faire un documentaire sur les récupérateurs.
A voir sur:
https://www.thegolddiggersproject.com/

dimanche 24 septembre 2017

Groix - Au bonheur des brumes


Il faut finalement peu de temps pour se réacclimater, pour retrouver ses marques.

Après mon arrivée fin juillet, tout semble s’être remis en place en peu de jours pour faire en sorte que la vie reprenne son cours dans cette espèce de normalité qu’est la vie de terrien sédentaire. Les enfants et petits enfants qui viennent passer un temps de leurs vacances, c’est l’été, les amis, les barbecues qui crépitent, le confort retrouvé d’une maison qui parait immense par rapport à cette année de vie dans les quelques mètres carrés de mon Nono-ma-petite-maison-dans-la-prairie-océane.

Puis l’été s’échappe, avec un peu d’appréhension après avoir vécu en définitive un peu plus d’un an, dans un temps estival qui m’emporta de l’été breton vers les chaleurs des tropiques.

L’automne arrive et remet des couleurs nouvelles dont je m‘étais pris à rêver parfois dans mon quasi-permanent soleil de cette boucle atlantique.

Septembre a l’air de s’étirer de sa sieste post-estivale en tirant ses dernières cartouches d’ensoleillées sublimes. Le Golfe de la ‘’petite mer’’ (mor – bihan ) commence à préparer ses espaces de quiétude qui accueilleront à l’hiver les bernaches pour leur escale qu’on espère se répéter jusque à la fin des temps, afin de nous donner l’envie retourner encore et encore marcher dans le fond des anses apaisées, du côté se Noyalo, Saint Armel, ou d’autres encore, le froissement des pas bottés de caoutchouc sur les sables humides ou les algues glissantes des marées basses faisant comme un écho quasi-silencieux aux paisibles conciliabules de ces belles voyageuses.

J’ai pas mal de travaux de divers entretiens ou réparations sur Nomade qui a supporté tout le périple sans broncher, mais à part quelques faciles interventions je reporte tout ça non pas au calendes grecques mais tout simplement à plus tard.

Ce samedi 23 septembre, c’est un beau soleil et une jolie petite brise de Sud-Est qui m’invitent à partir pour peut-être une des dernières sorties de l’année avant de préparer Nomade à son hivernage.

J’aborde la passe de La Teignouse dans une jolie brise par le travers qui me pousse dans un allegro-ma-non-troppo à sept nœuds et demi, avec le courant plein-cul de la marée descendante, puis j’enchaîne la remontée vers l’île de Groix avec le vent cette fois-ci plein-cul, voiles en ciseaux.

Les quelques heures de ce petit bonheur me font arriver à Port-Tudy en fin d’après-midi, dans un soleil qui s’affale sur l’horizon en révélant une palette de ces sublimes contrastes que j’avais un peu oubliés.

Ces jours derniers j’ai ressorti le chevalet et les pinceaux dans un espace réaménagé à la maison, avec plein de questions sur ma motivation à ressortir ces blanches toiles … car, le savez-vous ? On évoque souvent l’angoisse de la page blanche à propos de l’écrit, l’angoisse de la toile blanche procède à l’identique, mais me voilà ici en cette belle lumière de fin de journée avec un début de réponse !

Après une nuit paisible dans mon cocon retrouvé, le jour apparaît dans la grisaille et le crachin, plus d’horizon, ce coton de brumes qui enveloppe les lointains me remémore soudain ces paysage d’Irlande que j’avais parcourus lors de mon ‘’tour de chauffe’’ en 2015. J’y trouve une émouvante beauté et comme une invitation.

Nomade a retrouvé vie dans cette petite escapade et j’ai l’impression de retrouver mes marques de voyageur maritime. L’eau du robinet du bord qui coule bien froide, trop froide, au petit matin, les plexiglas des hublots qui transpirent d’humidité, tous ces signes de grande banalité me signifient que les tropiques sont loin derrière moi, mais que tout le reste est là, mon espace restreint mais néanmoins empli de la chaleur de tous ces souvenirs, et ce sentiment d’habiter une espèce de ‘’chapelle de la liberté’’ à nouveau.

Petit déjeuner, remonter la rue bien raide jusqu’au bourg pour prendre du pain frais, redescendre au bateau en saluant au passage les voisins de ponton, rien que ça déjà, quand tu as des voisins de ponton avec qui tu as embrayé une discussion brève la veille, tu as déjà refait un pas vers ce monde des gens qui vivent la mer.

Sac à dos avec l’appareil photo, ciré, c’est parti. Le petit sentier est noyé de crachin et de brumes qui enveloppent la trait de côte, il mène dans un silence cotonneux vers le minuscule Port Lay où les barques paraissent endormies à marée basse au bout de leurs longues aussières qui remontent comme un épi vers la chaîne-mère sur la jetée de pierre.

Le vent est tombé, il reviendra demain par le Nord-Ouest, annoncé force 3 à 4, parfait pour redescendre vers la baie de Quiberon, alors comment faire autrement ?

Je vais rester ici une nuit de plus, évidemment !


Port-Lay





 Mouillage dans les brumes

 Le sentier côtier








Une petite toile commencée l'an dernier, enfin achevée au retour:
Marée basse au Logeo, avec les parcs à huîtres au fond

vendredi 18 août 2017

Un bilan






Quelques chiffres :


Nombre de jours de voyage : 341 – du 13 aout 2016 au 22 juillet 2017
Temps de navigation cumulé : 83 jours et demi soit 25% du temps total
Distance parcourue : 10 016 milles nautiques
La plus longue étape : 2391 milles nautiques, de Pointe à Pitre (Guadeloupe) à Horta (Açores), en 19,15 jours
La plus grande distance sur 24 heures = 152 milles lors de la transat retour avant les Açores
Temps d'utilisation du moteur : 376 heures, soit 19% du temps navigué, mais le moteur est parfois utilisé hors navigation, pour recharger les batteries par exemple au mouillage sans soleil et sans vent.



Bien entretenu, ça a bien tenu :


Nomade revient à son point de départ dans un très bon état global compte tenu du parcours effectué.
Les voiles restent en très bon état et ne semblent pas avoir souffert.
-          Grand-voile en hydranet
o   Seconde grand-voile en dacron classique, non utilisée, de secours.
-          Génois en mylar-double taffetas
o   Second génois classique en dacron utilisé pour le portant entre Cap Vert et Antilles
-          Spi assez peu utilisé, en solitaire et dans des mers formées je préférais éviter d’avoir à gérer des manoeuvres de spi.
-          Par contre j’ai très souvent tangonné le génois au portant, il porte mieux, bat et faseye beaucoup moins et s’abime par conséquent beaucoup moins.


Taud de grand-voile bien fermé à l’arrivée autant que possible pour limiter l’action des UV.
Rincer de temps en temps les voiles permet de dessaler les coutures qui sinon s’abiment plus vite. 


Le moteur Yanmar 18CV à priori d’origine (1991) tourne comme une horloge ;
Bien révisé, vidangé, anodes remplacées, rotor de pompe à eau changée, au départ, puis en milieu de parcours à St Martin aux Antilles (+280 heures depuis le départ)



Carénage et antifouling avant départ et en milieu de parcours à St Martin. 
Dans les eaux chaudes des Caraïbes, la coque se peuple de nombreux habitants végétaux et animaux à grande vitesse. J’ai souvent frotté la coque en apnée pendant les mouillages pour limiter la prolifération.





Ce qui a souffert :
La rupture du rail de tangon pendant la transat Cap-Vert – Antilles est la seule vraie casse enregistrée.


L’arrachage d’arbre d’hélice vers St Barth résulte en partie de la somme d’un ‘’ pas de bol’’ pour le bout dans l’hélice et du ‘’massacre’’ du tourteau aux Canaries lors du changement d’hélice. 


Les joints de hublots et des plexiglass latéraux ont sans doute séché  (et/ou craquelé ?) et perdu de leur étanchéité. Pendant les longues traversées avec les vagues arrosant le point en permanence, j’ai eu des entrées d’humidité dans les équipets latéraux supérieurs du carré et notamment des livres (mes beaux guides de navigation) mouillés et abimés. Les plexiglass sont également bien faïencés, ils l’étaient un peu avant le départ, mais désormais ils sont à changer. 


De même les matelas de la cabine avant et les coussins du carré prenaient vite l’humidité pendant les grandes étapes et mettaient du temps à bien sécher. 


La capote de rouf a bien souffert. Avec la somme des arrosages incessants, le sel et les UV de ce parcours très ensoleillé, les coutures lâchent les unes après les autres. Un écran transparent de la capote s’est entièrement décousu pendant la traversée du Golfe de Gascogne. J’ai fait des reprises de coutures à la main en cours de voyage, et à la machine à la maison, mais elle sera à refaire entièrement assez rapidement.
Une bonne capote est un élément de confort important pour un tel voyage, je dirais même primordial et indispensable. 


La drisse de grand-voile, changée à St Martin, a ragué contre les joues latérales du réa en tête de mât après les nombreuses prises et largages de ris effectués depuis le cockpit et parfois à la ‘’va-vite’’, arrivé à Horta elle était en amorce de rupture, c’aurait été très–très ennuyeux en cours de route !


Fuite d’eau au presse étoupe. 
Le presse étoupe de Nomade est un joint de type ‘’joint Volvo’’.
Lors de la révision d’avant départ il avait été changé. Mais il me semble qu’il a commencé à fuir dès ce changement car je retrouvais fréquemment de l’eau dans le fond du bac moteur.
Après le changement d’hélice aux Canaries, ça ne s’est pas arrangé vu le ‘’massacre de tourteau’’ fait au démontage de l’arbre et remarqué par le seul pro digne de ce nom à qui j’ai eu à faire ensuite à St Martin (http://dom-nomade.blogspot.fr/2017/03/un-petit-tour-sec.html
De fait j’ai toujours eu ce suintement qui à la longue finit par faire une petite quantité d’eau qui vient parcourir les fonds du carré après des bons coups de gîte.
Ce type de joint ne devrait pas fuir ainsi après si peu d’heures.
De mémoire, même lors de la révision d’avant départ j’avais entendu là aussi le gars ( .. du Crouesty …)  taper sur le tourteau un peu comme celui des Canaries pour extraire l’arbre d’hélice. Tous ces ‘’pros’’ ne savent manifestement pas démonter un tourteau Vetus correctement, et m’ont endommagé cette partie-là, car je n’avais jamais eu de tel écoulement d’eau au presse étoupe auparavant.


Je ne citerai pas le nom des ‘’pros’’ … mais ils le mériteraient. 


Moralité : ne vaudrait-il pas mieux faire soi-même ? Pas sur tout, mais sur cette partie, je l’envisage désormais ! Revoir le joint Volvo et l’arbre ?



L’indispensable :
Surtout en solitaire, le régulateur d’allure.
Sans mon brave Benhur, je ne sais pas si je serais allé au bout de ce voyage tout seul.
Quasiment exempt  de risque de panne vu la simplicité mécanique, ne consommant aucune énergie, capable de tenir le bateau sur son cap même en cas d’avarie d’énergie ou de panne électrique, c’est un vrai élément de sécurité et je peux le dire …un vrai compagnon, un barreur à part entière. 


Ce qui a manqué ou devrait être amélioré :
Un bimini. Je n’en avais pas car la bôme est très longue, elle va non loin du pataras à l’arrière et elle est assez basse, donc difficile d’en mettre un, mais je dois avouer que parfois certaines navigations en plein ‘’cagnard’’ étaient assez éprouvantes.
Pas facile sur Nomade cependant …. 


Un support pour l’annexe. 
Au départ d’un mouillage, remonter l’annexe à bord, la dégonfler, la plier et la ranger, puis refaire tout à l’inverse au mouillage suivant. Ça devient vite fastidieux.
La laisser sur le pont et naviguer comme ça, je n’aime pas, ça encombre le pont, coince les écoutes….


Les solutions classiques, annexe suspendue par un palan à un portique arrière, ou à des bossoirs, ne sont guère accessibles à Nomade qui est doté d’un régulateur d’allure qui encombre l’arrière et nécessite un espace aérien vierge de perturbations de flux d’air pour bien fonctionner.


Priorité était donnée au régulateur d’allure, j’ai donc fait l’impasse sur cet élément de confort tout comme sur le précédent…qui en sont pourtant tous deux de vrais de vrais !



Dans le même esprit ‘’confort d’un mouillage à l’autre’’ un davier plus costaud à l’avant qui permette de laisser l’ancre à poste une fois remontée.
Celui de Nomade actuellement ne le permet pas et nécessite d’aller à l’avant pour remonter l’ancre ( une Brittany 16 Kg penché et à bout de bras, c’est parfois lourd et casse-dos) à bord et la ranger dans la baille à mouillage. 


Ces trois points sont un peu des conséquences de la taille modeste de Nomade qui ne permet guère de les mettre en place comme ils le sont sur la quasi-totalité des voiliers rencontrés en transat et généralement plus gros.



En matière de sécurité :
Le harnais? En solitaire j’en ai pris l’habitude un peu comme la ceinture de sécurité en voiture, il était presque toujours capelé, avec une double longe prête à l’emploi, de manière à éviter autant que possible d’aller par exemple à l’avant ‘’vite fait’’ en faisant l’impasse sur le geste de prudence … une connerie, un pied qui bute quelque part, et … plouf ? C’est si vite arrivé … ! 
Des exceptions dans les grands farnientes-bronzage allongé dans le cockpit par temps léger, guère plus.



Petit mais des avantages :
Facile à manœuvrer en solitaire, très habitable pour autant, un avantage non des moindres pendant ce voyage a été que compte tenu de sa taille modeste, Nomade a toujours trouvé une place partout où je suis allé, y compris dans des ports parfois encombrés.
Et mine de rien, c’est un vrai ‘’confort’’. 


On constatera assez souvent qu’en matière de bateau, les frais sont relativement proportionnels à la taille. Cette taille modeste est aussi un élément de simplicité, donc de risques de pannes amoindris il me semble. Une barre franche par exemple est fondamentalement plus simple mécaniquement qu’un système de barre à roue. 


Les manœuvres de voile en solitaire ont été facilitées aussi par la prise de ris entièrement depuis le cockpit, facilité et sécurité.



En conclusion 
Nomade et ses 31 pieds (9m40) était la plupart du temps dans les plus petits pour un voyage comme celui-ci où la taille moyenne se situe plutôt entre 12 et 13 mètres.


Dans les grosses mers, il s’est toujours comporté sainement et je ne me suis jamais senti en danger.


Voilier de construction allemande à la fois robuste et véloce, je ne saurais dire si beaucoup d’autres 31 pieds se seraient comportés aussi bien … mais Nomade en définitive a …tout d’un grand !


samedi 29 juillet 2017

L'arrivée



Samedi 22 juillet, 10H30 locales, Nomade franchit la passe de La Teignouse, attendu par les mêmes bateaux des amis que j'avais quittés au même endroit il y a un an.

Que dire de l'émotion qui me traverse dans un tel instant.
Je vous laisse plutôt regarder cette vidéo.


Je tiens à vous remercier du fond du cœur, famille, amis, lecteurs, qui m'avez soutenus par vos messages, par votre présence en pensée que je savais et qui m'a souvent réconforté pendant ce beau mais engageant voyage.

Et puis j'adresse également mes remerciements et un salut chaleureux à tous les navigateurs que j'ai rencontrés :

Christiane et Michel, sur Wallis - Sun Odyssey 36i.
Marie Hélène et Christian, sur Entre-Côtes - Ovni 365
Véronique et François (et leur adorable chienne Hoëdic), sur Genesis - Chattam acier
Patrick, sur Cleo - X402
Raymonde et David, sur Grand Pas - Supermaramu
Michel, sur Flying Chaos - Selection 37
Clémence et Florian, sur Suzon - Melody
Anne-Claire et Guillaume, sur Maracudja - Feeling 365
Marjo et Clem, sur Passmoilcric - Dehler 34
Philippe, sur Alea - Pogo 8.50
Etienne, sur Fradeloma - Dufour 385
Julie et Victor, sur Nantesaleau - Gibsea 9.x
Brigitte et Claude, sur Milmo - Dufour 385
Gilles et Gilles, sur L'Onéo - Dufour 385.
Samuel sur Sirius - Gibsea 770.
Justín "el corsario canariano" sur son Arpège Kalinka, solitaire canarien
Thomas et Carole, équipiers sur divers bateaux
Boris et son petit Sloane (2 ans) sur son Dufour 4800


Et à tous les autres, rencontres d'une heure, d'un soir, bout de route commune ou avec qui nous avons refait le monde sur un bout de ponton, j'en ai sûrement oubliés ...... Merci à vous pour vos chaleureuses présences et à ces belles tranches d'amitiés


Je ferai sans doute un article un peu plus en forme de bilan d'ici quelque temps ... quand j'aurai le temps, car me croirez vous si je vous dis que j'ai des tonnes de choses à faire.

Un dernier mot au sujet du beau projet de Radia que j'ai eu le
plaisir d'avoir comme équipière avec Alexis sur le final de la traversée du Golfe de Gascogne. Un projet qui mérite votre attention ...voire ...

Pour tout savoir, rendez-vous sur son site: