samedi 25 avril 2020

Faute de rives ....

Confinement oblige, "Faute de grives on mange des merles" ?
Ou plutôt ...  "Faute de rives on enfile des perles" ?

Eh bien non, pour moi ce sera "on ressort le matos".
Le matos ?

Oui, le chevalet, les pinceaux, un chassis toilé, le flacon d'huile de lin clarifiée et celui d'essence de térébenthine rectifiée, dont le mélange un-tiers deux-tiers embaume ma pièce refuge-bureau-ordi-guitare ... et donc peinture de ce parfum si particulier quand on commence à y mélanger les couleurs, non pas que je me shoote à ça mais ... si particulier je vous dis.

ça faisait un bout de temps, à part quelques rares petites tentatives sans ambition.
Mais étant donné que le critère "temps libre, long et zen" qui m'est nécessaire pour me mettre à peindre est pleinement vérifié en ces temps de confinement, ça semblait le bon moment pour m'y remettre.

J'ai commencé à parcourir mon disque dur pour sélectionner une photo parmi mes milliers du genre, objectif une toile marine tant qu'à faire.
Mais je restais hésitant.
Les boutiques de matériel d'art étant fermées, je prends une vieille toile pas très intéressante, allez celle-ci va y passer, je ponce l'ancien sujet, je  rebarbouille de gesso (la base blanche de préparation de la toile) et puis .... et puis ?
Et puis ça ne vient pas ... La mer n'est pas là sous mon nez, (de là à en faire un prétexte pour dire qu'elle me manque?) ça n'accroche pas. 
Me voilà bien!

Puis par un joli petit matin ensoleillé, mon attestation remplie, cochée sur la ballade d'une heure, signée ...
Le petit chemin derrière la maison, le sous-bois, j'alterne la petite foulée vaguement sportive et la marche plus tranquille et .... 
Vlan ! En pleine poire ... un jeu d'ombres et lumières au travers les arbres, le sentier, les deux rochers dans l'ombre qui encadrent le premier plan, je tombe en arrêt.
Clic-clac Kodak, c'est dans la boîte - enfin dans le smartphone.
Je vais travailler d'après photo, pas le choix de toute façon.



Ce jeu d'ombres et lumières, ces variations de vert du sombre au quasiment jaune à travailler, et puis tiens le chemin dans ce ton qui évolue dans les violets, complémentaire du jaune, ne pas se précipiter , réfléchir à l'accord de couleurs que je vais donner, mais ça semble intéressant.



 Réflexion sur la roue des couleurs en 3 tons principaux, la lumière au fond du chemin à mettre en "tonique" dans le jaune, le chemin en complémentaire dans la gamme violet pour le faire chanter, la variation des verts des arbres en "dominante" ...( tonique, dominante, un peu comme un accord musical, tiens !)


Allez on pose le sujet :


quelques traits au fusain, pas la peine d'en faire plus dans le dessin initial;
Le point de fuite dans un "nombre d'or" ( je vous en parlerai peut-être un jour de celui-là, j'aime bien le concept)




Et c'est parti, les grandes lignes d'abord ( le premier jus ..)

Et de fil en aiguille 


On avance on avance ....




J'y suis presque .. pas tout à fait terminé , quelques détails dans les premiers plans pour renforcer la profondeur. 

Je ne signe pas encore, j'ai le temps de me ballader encore dans ce petit paysage avec mes pinceaux et mes odeurs d'huile et de térébenthine, en attendant de pouvoir retrouver mon Nono ...




Allez, après quelques retouches c'est bon, j'arrête là et je signe.

jeudi 6 février 2020

Repartir ...?


ça mûrit doucement ....

La motivation du capt'ain à travailler, d'abord .... 
Nomade, lui, il est prêt.
Quelques ronds dans l'eau déjà commencés dans cette fin d'hiver le montrent bien, il trépigne d'impatience mon Nono.
Ne pas le décevoir ...

Pour le capt'ain, c'est pas tout à fait pareil. Mais à coups de revisites des cartes le soir après le dîner, l'épluchage des guides nautiques, la recherche des "endroits jolis" à aller y voir, en alternant la lecture des infos touristiques, les blogs d'amis qui y sont allés eux-aussi et y ont raconté leurs petits bonheurs, et les zooms sur les cartes du logiciel de navigation, ça se construit.

La sonnette de la maison a retenti quand le livreur a apporté son colissimo;
Elle est arrivée, enroulée dans son tube carton.
Il en faut toujours une. L'indispensable "plan B" au cas où l'électronique joue un sale tour ... mais aussi plaisir irremplaçable du pointage au crayon de la position qui avance vers la destination.
On rêve peut-être mieux devant une carte papier que devant une carte électronique sur un écran d'ordinateur?


 ... ça mûrit tranquilement.... mais ... sûrement.











mardi 1 octobre 2019

Ben Hur at the helm

Un peu de lecture ... en attendant de repartir un peu en première ballade en mer post-opératoire (ça démange ... )

Je viens de retrouver ça à propos de mon brave Ben Hur:

Cet article avait été déposé par Peter, le patron du fabricant de régulateurs d'allures Windpilot à l'époque où j'arrivais aux Açores (mai 2017) pendant ma transat retour.

C'est écrit en anglais:
https://windpilot.com/blog/blog/2017/05/24/sv-nomade-dominique-trutet-fra/



jeudi 11 juillet 2019

Demi-tour ....(2)

C'était plutôt pas mal (re)parti.
Vent d'Est, pas bien stable, alternances d'envoi de spi et de moteur.
Objectif Gijon, Espagne, flâner vers la Galice qui m'a tant plu en 2016 en début de la Boucle Atlantique.
Un Gascogne tranquille se présentait en perspective.

Et puis non, ça ne voulait pas, ça tirait de plus en plus du côté gauche ... pas insister.
J'ai mis le clignotant à gauche direction Noirmoutiers l'Herbaudière où je me suis fait jeter à l'entrée ( "Désolé monsieur, le port est plein avec la Course Croisière des ports vendéens, nous ne pouvons pas vous accueillir")
Finalement rabattu sur Pornic sur le tard.
Toubib ...
Bandage herniaire pour tenir l'effort.
Et retour maison.
Opération à programmer.
 
("T'aurais pas chopé ça aux Scilly à tirer comme un âne pour te déhaler lors de ton arrivée nocturne mémorable ?" me dit la petite voix de l'intuition, celle qui m'avait aussi proposé de faire demi-tour )

Décidément l'année 2019 ne sera pas aussi marine que prévu pour moi.

Allez, 2020 je me fais la promesse, je relancerai tout, ( ...avec du sport en préparation dis coco, t'en auras besoin...)

Bises à toutes et tous.

Nomade sous son beau spi assymétrique tout bleu

mercredi 19 juin 2019

Plaisir d'Yeu


En descendant sur l'Ile d'Yeu, Nomade s'est fait une bande de potes sympas et joyeux venus l'accompagner un peu sur sa route.
C'est toujours un moment de bonheur, ce genre de rencontre, surtout quand ils nous sortent le grand jeu de cette manière, ce n'est pas si fréquent.



La suite .... une virée à partir de début juillet.
Destination ? Je n'en sais rien encore, selon l'humeur et la météo du moment
Vers le nord ou le sud ?.. je l'ignore encore également.
Combien de temps ? 1 mois ? plus ? ça aussi je ne sais pas.

L'année 2019 sera finalement sous ce signe là.

jeudi 30 mai 2019

Les anciens et les modernes, Fort et clair

La 2eme partie de l'article, "fort et clair" est sur un sujet technique qui peut intéresser les lectrices et lecteurs navigateurs)


ça y est, je suis au Crouesty mon point de départ après un retour pas désagréable. A la suite de Camaret, un passage du Ras de Sein "cool", un arrêt à Loctudy retrouver l'équipage de La Clémence et se partager une ventrée de "demoiselles" ( ... les demoiselles de Loctudy, les fameuses langoustines).

Les anciens
La Clémence a fait ensuite route retour direct sur le pays vannetais. Pour ma part je suis allé flâner du coté de l'Archipel des Glénan, rôder autour de deux magnifiques créatures accrochées  leur ancre dans le mouillage nord de l'île de Penfret.

Voir dans le petit matin empétolé, mer miroir, ces beautés pures, L'Etoile du Roy (à gauche) et La Recouvrance (à droite) fait partie des bonheurs irremplaçables.
"On entendrait presque la BO de Vangelis" m'écrira mon fils Alexis sur WhatsApp


Les deux beautés descendent sur le pays Vannetais pour participer au rassemblement des vieux gréements de la Semaine Du Golfe.

Allez je vous en mets quelques autres pour le plaisir.






On en verra encore plein d'autres dans le golfe, ça va être chouette.

Les modernes:
Après une halte à l'Ile de Groix, je finis ma route retour avec une autre vision radicalement différente de ces deux beautés antiques.
Les deux monstres sont de sortie dans la baie de Quiberon.
Impressionnant, de taille, de vitesse, et d'une autre forme de beauté .
Les deux trimarans géants Idec et Actual Leader ( l'ancien Groupama il semblerait ?)




Remarquez, ce "pêchou" et sa nuée de mouettes accompagnatrices, encore un autre monde, n'est sans doute ni plus ancien que moderne. Lui il appartient totalement à nos paysages martins bretons.




Je vous reçois fort et clair 
(sujet technique à propos de VHF, d'AIS et d'antennes, et de sécurité)

C'est à mon retour sur Camaret que j'ai eu des doutes confirmés par un autre Dominique, navigateur breton solitaire lui aussi ( et lecteur ici ...), qui m'a prévenu par mail (merci encore !) de son étonnement de voir ma trace AIS disparaître très vite sur le site MarineTraffic. Ensuite au départ de Camaret idem, Nomade disparaît à quelques milles, bien avant de Ras de Sein là où ma trace en côtier devrait rester visible.
Me verrait-on mal en AIS en mer ?
M'entendrait-on mal en VHF ?
Potentiellement dangereux ?
Arrivé à 7 milles nautiques du sémaphore de Penmarch, par belle visibilité et conditions, je lance alors un appel au sémaphore pour un essai radio : " On vous reçoit très mal, très haché".
Et du côté AIS ? Ah là non, aucune visibilité AIS.
Allons bon !
C'est le genre de chose dont on ne se méfie pas forcément car:
- au départ j'avais passé un appel d'essai VHF à la capitainerie
 "on vous reçoit fort et clair", et côté AIS, il y avait de la trace sur Marine Traffic, parfois interrompue mais on ne s'en étonne pas vraiment.
- et au départ des scilly, bord à bord avec la Clémence, je discutais en VHF, on ne voyait en AIS ... donc tout baigne!

Et dans ces conditions on aborde le rail des cargos assez serein.

Et pourtant !
Après Camaret, MarineTraffic ne m'a plus revu.
A ceux qui ont cru que j'avais coupé mon AIS, je dis que non pas du tout !


Arrivé à Crouesty, j'ai donc entrepris de regarder ça de plus près.
Mesures au tos-mètre de la qualité d'antenne ( le tos signifie Taux d'Ondes Stationnaires et illustre la qualité de l'antenne, si trop de puissance est réfléchie, l'émission n'a pas de portée, et cela pourrait même endommager les circuits de puissance de l'émetteur.
"pourtant en essai VHF proche au port tout fonctionne" remarquai-je.
"Oh, vous savez même sans antenne un essai VHF avec la capitainerie fonctionnerait " me répond l'homme au tos-mètre
Moralité, antenne morte.
Je l'ai remplacée avec 2 ou 3 petits tours de grimpette solitaire en haut du mât.
Et depuis, le sémaphore de St Julien, basé à Quiberon à plus de 8 milles , me reçoit "fort et clair' depuis ma place au fond du port du Crouesty malgré les reliefs et la forêt de mâts métalliques.
Et MarineTraffic me voit;
Et sur mon AIS je vois une quantité de bateaux comme jamais auparavant.

Moralité = on pense avoir de la VHF qui fonctionne, on a fait son petit essai VHF dans le port, on nous a répondu "on vous reçoit fort et clair", on pense émettre en AIS, alors que tout cela ne fonctionne qu'à quelques centaines de mètres ....
Faites des demandes d'essai VHF avec des sémaphores éloignés, sinon vous ne vous apercevez même pas que votre antenne est HS, et le jour où vous aurez besoin d'un appel urgent voire de détresse .... peut-être que personne ne vous entendra ?
Et au besoin faites faire une mesure au tos-mètre par un spécialiste.
ça ne vaudra pas cher et la sécurité n'a pas de prix.



















mardi 21 mai 2019

Alors quelle suite ?

Me voilà revenu à Camaret, après une traversée plutôt tranquille cette fois-ci.
Du vent portant dans les 9 à 10 noeuds , des heures sous spi, puis sous génois tangonné surtout pour préparer le passage du rail des cargos, et une nuit plus sereine.
Au début bord à bord avec la Clémence, puis une fois le spi bien réglé Nomade s'est un peu envolé tout seul.

Bien évidemment  ma décision de faire demi-tour, de laisser de côté le projet a semblé poser questions à certaines et certains d'entre-vous, lectrices et lecteurs;
Alors je prendrai le temps de répondre plus longuement peut-être prochainement:
Mais d'ores et déjà, j'ai envie de dire que non, ce n'est pas une fin, ni un renoncement;
Le déclic s'est fait aux Scilly qu'il fallait que je retrouve une autre dimension que celle de "projets".
Les "projets" précédents m'ont porté, j'y ai appris énormément, j'y ai pris  beaucoup de plaisir;
Mais comment concilier la recherche d'une forme de liberté comme la navigation à la voile peut en être porteuse comme rarement d'autres disciplines avec la dimension d'obligation de résultat l'on se fait à soi-même au travers d'un projet qui compte ses objectifs.

C'est autour de cette question qu'il m'a semblé que le moment était peut-être venu de me poser un peu ....
... tout en continuant à naviguer, bien entendu.
En tout cas à flâner sans doute, au gré des vents et des envies.

Trouver un autre souffle, un autre élan ? Du sens ?
 ... A nomadiser ....?
Pourquoi pas .... 

A très bientôt, sans le moindre doute.

Bord à bord avec la belle Clémence